mardi 22 février 2011

Méditation et respiration.

La conscience est le plus souvent totalement absorbée par la pensée lorsqu'on essaye de méditer. Il est parfois impossible d'observer quoique ce soit tellement la pensée est envahissante. l'observation de la respiration est un bon moyen pour décrocher la conscience de la pensée. Encore faut il s'y prendre correctement.

Au départ il suffit d'observer la respiration, vous la regardez aller et venir, se dérouler, sans intervenir le moins du monde pour en faire quelque chose qui plaise à vos idées. Rien que cela n'est pas facile. regarder sans juger, sans comparer, sans agir, juste observer, apprécier et laisser faire. Poser sa conscience, son regard, de façon constante, sur une seule chose sans intervenir pendant un temps assez long, disons 5 minutes, relève de l'exploit lorsqu'on est au début. Je ne plaisante pas. Essayez et vous verrez que votre pensée viendra mettre son nez dans cette observation neutre au bout de quelques secondes seulement. Pourtant il faut faire ce genre d'exercice pour décrocher la conscience de la pensée. Il faut parvenir à fixer la conscience pour la dégager de l'emprise de la pensée. Ensuite seulement d'autres possibilités apparaîtront.



Fixer la conscience revient à se concentrer.

Après quelques expériences d'observation neutre, la pensée sera tellement frustrée de ne pas participer qu'il sera plus utile de l'occuper à quelque chose d'utile plutôt que de la laisser vagabonder à sa guise et vous dominer.
Tout d'abord, amusez vous à reconnaître les différents temps de la respiration.
L'inspiration et l'expiration. Pendant l'inspiration prononcez mentalement le mot "inspire" et répétez le tout au long de l'inspiration. faites de même avec le mot expire pendant le temps de l'expiration.

Vous pouvez constater que cette simple indication vous permet d'allonger spontanément la durée de l'inspiration et de l'expiration. prononcer ces mots mentalement devient une sorte d'invitation. En disant silencieusement "inspire" pendant l'inspiration vous associez une sensation à un sens. Vous invitez naturellement l'inspiration à se prolonger d'elle même sans que vous ayez besoin de le faire par une action volontaire. Ceci est très important. Différenciez bien "inviter" et "faire". Si en le faisant votre respiration ne se modifie pas continuez quand même et ça viendra (patience!)

La respiration comporte trois moments particuièrement importants. Un petit dessin pour accompagner le discours.



Resp 3 phases


La phase 1 est le moment entre l'inspiration et l'expiration.
La phase 3 est le moment entre l'expiration et l'inspiration.
Ces deux phases sont des moments "d'entre deux". c'est dans ces "entre deux" que l'on peut trouver quelque chose. Méditer signifie se placer entre deux. Observez bien ces temps, aidez les, par l'invitation seulement, à se prolonger. Dites leur de prendre du temps, on est pas pressé. Goûtez, savourez cet entre deux. Petit à petit cela devient une suspension. La respiration est en suspension entre l'inspire et l'expire, entre l'expire et l'inspire.
Si vous faites cela par votre propre volonté ou votre propre force cela n'a aucun intérêt pour ce que je cheche à vous faire découvrir maintenant.
Je sais parfaitement que tout le monde est capable de rester volontairement entre l'inspiration et l'expiration, il suffit de bloquer la respiration. Cela peut se faire à n'importe quel moment mais ce n'est pas intéressant. Il faudrait que la respiration se prolonge naturellement sans que vous ayez à intervenir avec votre force. Intervenez juste avec votre intention, votre souhait, votre invitation. Acceptez les soupirs, les baillements, les irrégularités, les variations spontanées. Nous devons désincarcérér la respiration de la peur qui est une prison. (patience, persévérance).
Pour vous aider vous accompagnez l'inspire en chantant en silence le mot inspire, tout doucement. la respiration suit la répétition du mot. Amusez vous, faites des variations. Le mot est la carotte que l'on place devant le nez de l'âne pour qu'il avance. Quand il avance la carotte avance aussi.

La phase 2 est le point neutre, le point de repos. Il est très difficile à apercevoir au début. Nous y reviendrons plus tard.


Petit à petit la respiration va prendre son temps, elle va s'allonger prendre un peu plus de volume mais surtout du temps. L'air entrera moins vite et sortira moins vite. Ne vous fixez pas sur le volume d'air mais plus sur le temps. Recherchez l'apaisement, la tranquilité et la joie. Si vous ressentez un essouflement arrêtez l'exercice, revenes à la contemplation et reprenez ensuite. Faites des petites sessions. Ne soyez pas trop gourmands.

maintenant vous ne pourrez pas me dire que vous n'avez rien à faire.

Bonne méditations. Elles sont toujours bonnes même si elles ne sont pas conformes à nos attentes.



mercredi 9 février 2011

Meditation à propos des techniques

La contemplation c'est bien mais le " JE " réclame toujours pour pouvoir faire quelque chose. Se laisser faire c'est bien mais je veux aider ou faire. tel est le langage de l'ego identifié aux empreintes du passé. Pour palier à ce besoin pressant rien de tel que de lui faire faire ce qui peut aider au surgissement de l'être. C'est là qu'interviennent les techniques de méditation comme les postures de yoga, la respiration appelée aussi pranayama, la récitation de mantra, les visualisations et bien d'autres encore. En réalité il n'y aurait besoin de rien si la foi était suffisante, il n'y aurait qu'à se tourner vers le Divin, lui dire avec force et conviction "que Ta volonté soit faite" et se laisser faire. Celle ou celui qui parvient d'emblée à cette possibilité n'est pas loin du but.
Avoir recours aux technique n'a rien de déshonorant. Il faut cependant préciser une chose qui à mes yeux est extrêmement importante. La pratique des techniques ne doit pas faire oublier qu'en réalité ce sera le surgissement de l'Être qui réalisera la véritable transformation. Il ne faut pas croire que la technique est ce qui fait l'œuvre. La technique en elle même n'est rien. Sa pratique permet de préparer le chemin à l'œuvre de l'Être. C'est une préparation du sujet pour être le plus disponible possible. c'est faciliter le travail opéré par l'Être. La technique est pratiquée par l'ego et, comme je l'ai déjà mentionné dans d'autres billets, l'ego ne peut se changer lui-même. Il ne peut que se travestir mais il reste le même. J'insiste sur ce point car il est absolument capital. Chaque fois que vous pratiquez une technique il faut impérativement que dans votre conscience vous la dédiiez au divin. vous devez savoir que vous ne faites que préparer le chemin. C'est pour cela que je recommande de garder en permanence le souvenir du Divin, quoique l'on fasse.
Passer expert dans la pratique d'une technique n'apporte aucun changement véritable si cette expertise n'est qu'un savoir faire. La maîtrise d'une technique ou d'un art quel qu'il soit ne préjuge pas de la qualité d'Être du sujet. Le savoir faire ne garantit pas la possibilité d'Être.
Pour suivre dans ce sens il faut bien comprendre que ce sera la qualité de la conscience lors de la pratique qui sera la plus importante. Ce ne sera pas la réussite de la technique. Pratiquer du mieux que l'on peut est parfait. dans ce cas on a pas à se comparer à une réussite idéale. Il n'y a pas de réussite idéale dans la technique. A partir du moment où on fait de son mieux c'est idéal. Dans ce cas, il n'y a donc jamais de pratiques ratées. Vous verrez que ce n'est pas facile à intégrer et qu'il vous faudra reconnaître que l'ego veut toujours être le meilleur.
Je dis tout cela pour des personnes qui sont intéressées par le surgissement de l'Être.

Prochain billet = première technique. A très bientôt.

samedi 1 janvier 2011

Bonne année 2011

Bonne année à toutes et à tous. L'année dernière je parlais de la nécessité de l'entraide. Aujourd'hui c'est encore plus vrai. Les inégalités ne cessent de se développer. Le fossé entre les riches et les pauvres est de plus en plus grand. C'est à croire que les gens ne vivent plus le même monde. Les associations caritatives ne savent plus où donner de la tête. La détresse est matérielle car les gens n'ont pas de quoi se loger, se vêtir et se nourrir mais elle est aussi psychologique. Des personnes ayant les moyens financiers de subvenir à leurs besoins matériels ne trouvent plus de sens à la vie. C'est la course permanente pour avoir de l'argent pour payer les charges incontournables. Il y a perte de sens et le bateau va tout droit dans la tempête.
Pourtant il faut éviter d'aller dans la tempête. Elle pourrait se traduire par une révolution sociale avec déchaînement de toutes les passions ancrées dans le ressentiment. La transition qui nous mènerait à une vie plus équilibrée doit se faire dans le calme. La destruction n'apporte rien, elle est stérile. Le changement doit venir par la naissance de la nouveauté.
L'homme doit retrouver sa place d'être humain et être respecté comme ayant droit à une vie paisible en harmonie avec la nature. De nos jours l'homme n'est considéré qu'en fonction de ce qu'il est capable de produire pour faire tourner le système pourvoyeur de richesses à destination des plus riches.
Nous devons œuvrer à la création d'une société respectueuse de l'homme et de la nature. Chaque être humain et la nature dans son ensemble devraient être considérés pour ce qu'ils sont et non pour ce qu'ils rapportent ou sont susceptibles de pouvoir rapporter. Chacun doit commencer par lui-même sans attendre que les autres le fassent.
Chaque acte de consommation inutile appauvrit la planète et ceux-là même qui produisent, ceux qui sont en bas de l'échelle sociale. On ne cesse de nous répéter qu'il faut relancer la consommation pour sauver le système. Mais la surconsommation creuse plus encore le fossé entre les pauvres et les riches. Il nous suffit de regarder ce qui se passe en Chine. Des personnes accèdent à la richesse pendant que d'autres accèdent à la misère. Le système capitaliste tel qu'il fonctionne actuellement est caduque et devra changer tôt ou tard.
Il nous faut consommer intelligemment, économiser la consommation et consommer ce qui est indispensable. La surconsommation ne donne pas de plaisir, elle apporte la frénésie de l'acte d'achat et nous nourrit d'espoirs de satisfactions. Mais la satisfaction est éphémère et de nouveau il faut acheter pour espérer être satisfait. Lors de l'achat nous fantasmons sur le résultat, sur le plaisir que cela va nous rapporter. Hélas la réalité en est bien différente. Nous sommes bien conditionnés pour agir suivant ce schéma. C'est exactement le sens de la métaphore du chercheur d'or. Il est prêt à s'user totalement à creuser dans la roche car il pense devenir riche en trouvant de l'or. Il ne trouve que de la poussière et pourtant il continue de creuser jusqu'à épuisement total. Il changera peut être de filon, mais il creusera toujours. C'est l'espoir qui fait creuser. L'espoir mal placé conduit au désespoir et à la ruine de l'âme et du corps. Avant le désespoir apparaissent les ressentiments qui sont comme le ver qui ronge la pomme de l'intérieur.
La satisfaction doit être là tout le temps. Un doux contentement d'être quelles que soient les circonstances. Ce n'est évidemment pas facile lorsque nos désirs ne sont pas satisfaits, lorsque nos conditions de vie ne sont pas idéales. Si on y regarde bien ce n'est jamais idéal. Il y a toujours quelque chose en trop ou en pas assez.
L'or que nous devons trouver est celui qui est dans notre cœur, Ce sera le seul capable de nous satisfaire pleinement. Il nous faut chercher la source du bonheur au dedans de nous même et non pas au dehors. Peut on envisager et accepter qu'en chacun de nous se trouve la source capable de guider totalement notre vie et de nous apporter la force nécessaire à l'accomplissement de notre vie de femme et d'homme. C'est la première condition pour qu'un véritable changement puisse s'opérer. Il faut que l'égo tout puissant totalement identifié à ses croyances et à ses idées en vienne à penser qu'il n'a peut être pas toutes les informations nécessaires pour parvenir à une vie juste et heureuse. Partant de là il faut trouver de l'aide pour pouvoir s'approcher de la source et se désidentifier progressivement de nos croyances. La vie guide chacun d'entre nous et nous permet de rencontrer les bonnes personnes au bon moment. mais cela ne doit pas nous empêcher de cultiver un désir sincère de changement, une véritable aspiration à une vie plus naturelle. Le désir sincère et son intensité sont déterminant pour le cours de notre vie. Certains disent qu'ils voudraient bien mais qu'ils ne savent pas comment faire. Pourtant la solution est là, il suffit de poursuivre dans ce désir et tout changera, naturellement. Il faudra peut être patienter et persévérer. On a rien sans rien. Certains s'ouvriront rapidement à cet autre alors que d'autres prendront plus de temps. C'est ainsi.
J'aime bien cette petite phrase : "Quel est ton désir".

Joyeuse année, pleine d'un désir sincère de trouver la source du bonheur pour soi et pour le monde.

dimanche 12 décembre 2010

Libertés individuelles restreintes.

C'est effrayant de constater combien nous sommes parqués dans un enclos de plus en plus restreint. Les libertés individuelles s'amenuisent progressivement mais sûrement. Tout cela bien sûr sous couvert de protection des individus. Par individus à protéger il faut entendre "bonnes bêtes produisant beaucoup de laine et heureuse de se faire tondre". Ce sont ces gens là qu'il faut absolument protéger. Ceux qui abondent dans le sens favorable aux marchands et utilisateurs d'esclaves. La loi Lopsi 2 en est un exemple, Wikileaks une illustration.

Je vous invite à lire cette loi lopsi 2 et les commentaires sur le site du DAL .

Vous pouvez si vous le souhaitez signer la pétition sur le site de pétition en ligne.

vendredi 3 décembre 2010

Méditation leçon 3

C'est avec humour et plaisir que j'intitule ce billet leçon 3. mais où est la deuxième leçon ?
Elle est tout simplement contenue dans le temps qui a séparé les deux billets. En deux mois vous avez eu grandement le temps de la pratiquer et de vous y frotter si vous avez bien voulu pratiquer la première leçon. C'est tout simplement patience et persévérance. S'il est des qualités indispensables à développer ce sont bien celles là. patience et persévérance sont les clés de la réussite. Il y en a d'autres que nous envisagerons mais ce sont les premières à développer.
La période que je trouve la plus difficile dans la méditation est le temps des débuts. Il ne se passe pas grand chose voir rien du tout et il faut tout de même pratiquer sans relâche, avec persévérance et application. Cette persévérance paye tôt ou tard.
lorsque les premières manifestations surgissent, il en va tout autrement. Le méditant est très heureux d'avoir senti quelque chose, d'avoir perçu des manifestations extraordinaires (entendez qui sortent de l'ordinaire). Ce sont les premières récompenses d'un long travail. L'ardeur reprend de plus belle et nous cherchons évidemment à retrouver ce qui nous avait émerveillé auparavant. Les sensations étaient fugaces peut être mais elles étaient bien là. Voilà que le mental s'en empare et tente par tous les moyens de les retrouver. Hélas elles ne sont plus au rendez vous et c'est de nouveau le vide, l'absence, le rien ou le pas grand chose. De nouveau il faut avoir patience et persévérance. Ce sera toujours comme cela, jusqu'au bout. Après trente années de méditations régulières, patience et persévérance m'accompagnent quotidiennement ou presque. Ce sont maintenant de fidèles compagnes sur le chemin. Elles m'ont pourtant bien souvent abandonné me laissant dans l'ignorance, le désespoir, la souffrance et l'insatisfaction. D'autres compagnes prenaient leur place, la colère, l'orgueil, la prétention, la force, la défiance et bien d'autres encore. on trouve toujours un copain pour boire avec soi au bar du coin. Ce qui me faisait continuer c'était la foi. C'est cette volonté involontaire qui vous habite sans que vous y soyez pour quelque chose. C'est elle qui vous pousse, vous guide et vous permet de retrouver le bon chemin, celui ou se trouvent patience et persévérance. Ces qualités sont le fruit de la foi. Par contre la volonté égotique, le "je veux, j'exige, je refuse" sont les fruits de l'orgueil. "Je" identifié au petit moi développe une volonté plus ou moins puissante. Vouloir retrouver les sensations déjà vécues est une manifestation de la volonté égotique. l'ego veut toujours reproduire, il ne cherche que ce qu'il connaît, ce qu'il a déjà connu et qui lui a donné satisfaction. C'est pourquoi il ne faut absolument pas rechercher des sensations particulières au cours de la méditation. Il ne faut même pas s'attarder sur les sensations que l'on aperçoit. Je prends toujours l'exemple du conducteur d'une voiture. vous êtes sur une route droite et vous regardez à l'horizon, vous vous fixez sur le but à atteindre. Sur les côtés de la route défilent des arbres, des personnes, des maisons mais vous n'y prêtez pas attention car vous regardez le but. Ces images restent sur les bords du champs de conscience visuel. Il faut faire de même au cours de la méditation. Les sensations doivent rester sur le bord de la route et le regard fixé sur le but. Les sensations défilent, changent, passent, disparaissent repassent et disparaissent à nouveau pour laisser la place à d'autres. Ne vous arrêtez pas, continuez toujours plus loin. Lorsque vous aurez atteint le but ou lorsque vous vous en approcherez vous ne manquerez pas d'en être informé. En attendant il faut poursuivre la route. Le mental voudra toujours tout savoir sur les sensations. Est-ce bon signe? qu'est-ce que cela signifie? Le questionnement est incessant et il faut le faire taire en ne lui accordant aucune importance.
Certaines sensations sont pourtant porteuses d'encouragements. Elles indiquent que nous sommes sur la bonne route. Ce sont les panneaux indicateurs sur le bord de la route. Ce n'est pas pour cela qu'il faut rester scotché sur le panneau pour le détailler dans tous les sens. Ce n'est pas pour cela qu'il faut le revoir systématiquement. Ce ne sont que des encouragements et c'est ainsi qu'il faut les considérer. il ne faudrait pas confondre le but avec les moyens. Ces sensations sont le plus souvent de l'ordre de la beauté, de la douceur, du calme, de la paix, de la lumière. j'évite de dire de l'amour car c'est tellement trompeur. Quelles que soient ces belles sensations il ne faut pas les rechercher. Si vous cherchez quelque chose de particulier vous êtes sûrs de passer à côté de la destination qui était la vôtre à ce moment là. Vous perdez votre temps. Une méditation est toujours toute nouvelle. c'est toujours la première fois. Il faudrait l'aborder en toute innocence, ouvert à toutes les possibilités. Vous verrez que ce n'est pas facile. Vous l'avez peut être déjà vu.
Je vous souhaite de rencontrer mes deux compagnes.
De tout cœur avec vous.

jeudi 23 septembre 2010

Méditation leçon 1

La première chose à faire avant de se placer en position de méditation est de se débarrasser de tout ce qui pourrait venir vous déranger. Vérifiez que tout et en ordre et que le téléphone est coupé. Le mental fera tout ce qui est en son pouvoir pour vous extraire de la méditation. Je me souviens avoir interrompu une méditation car je pensais que j'avais laissé le gaz allumé sur la cuisinière, je suis allé voir et j'ai constaté que je n'avais pas le gaz mais que tout était électrique et éteint.
Essayez de méditer toujours à la même heure. Comme cela, dans la journée, vous pourrez préparer votre rencontre et déjà vous mettre en condition.
Je conseille de mettre un réveil ou une alarme qui vous indiquera la fin de la méditation. C'est ce que je fais toujours quand je travaille et que je dois me préparer pour une heure précise le matin. Comme cela je n'ai pas à me soucier de savoir si je dépasse le temps que je me suis accordé ou non. Pour débuter, c'est bien de se fixer un temps précis et de s'obliger à ne pas l'écourter. Ne soyez pas trop audacieux et commencez par dix minutes ou un quart d'heure. Vous pourrez allonger le temps plus tard. Parfois une méditation d'une heure semble courte et une autre d'un quart d'heure peut sembler interminable. Tout cela dépend du bruit et de l'agitation du mental.
Placez vous de préférence toujours à la même place. Réservez un petit coin pour vous dans votre habitation et rendez le agréable pour y mettre un parfum de bonheur, de paix, de joie et pourquoi pas de solennité.
Préparez également un petit autel sur lequel vous placerez la représentation que vous vous faites de Dieu, une bougie, un bâton d'encens, quelques fleurs.

Asseyez vous maintenant face à votre autel. Vous pouvez évidemment vous prosterner devant la représentation de Dieu en signe d'humilité, de respect ou de vénération. C'est déjà peut être un peu trop demander pour une personne qui commence et qui ne sait pas encore ce qu'est Dieu pour elle. Rien n'est obligatoire dans un rituel, c'est pour moi un cadre formel dans lequel se trouve l'intention. L'intention est primordiale. Nous y reviendrons, c'est difficile de ne pas tout dire en même temps.

Vous voilà assis. Mais comment doit on s'assoir. Méditer allonger n'est pas pour moi une méditation telle que je la conçois. Un bon repère pour s'assoir est de toujours conserver les genoux plus bas que les hanches. Ainsi le ventre peut s'ouvrir devant et se détendre, la colonne vertébrale se placera beaucoup plus facilement en bonne position. Pour y parvenir vous pouvez vous assoir sur une chaise ou un tabouret, mettez un coussin ou deux pour surélever les fesses et les hanches par rapport aux genoux. Si vous pouvez vous assoir au sol c'est très bien mais n'essayez pas de vous mettre en tailleur avec les genoux vers le menton c'est bien inutile et invalidant. Vous pouvez vous mettre à genoux avec des coussins sous les fesses. J'ai commencé avec au moins trente à quarante centimètres de coussins sous mes fesses et c'était encore difficile. Maintenant je suis confortablement installé en demi lotus pendant plusieurs heures sans avoir jamais fait d'étirements de mes muscles et tendons. Utilisez des coussins pour caler vos genoux. n'ayez pas peur de prendre soin de vous et d'être installé confortablement.
Votre colonne vertébrale doit être soutenue et le regard bien droit devant vous un peu vers le sol comme si vous regardiez à trois mètres de distances au sol devant vous. Soutenir sa colonne ne veut pas dire se tenir raide comme un piquet. Il faut faire un petit effort et pouvoir le tenir sans entraver la respiration et sans contracter les muscles autres que ceux qui sont placés de chaque côté de la colonne vertébrale. N'essayez pas de vous mettre dans l'attitude d'un yogi confirmé, vous useriez toute votre énergie en vain et serez dégoûtés très rapidement. Ne soyons pas présomptueux.
Posez vos mains sur vos cuisses comme vous êtes bien, inutile encore une fois de prendre des positions particulières. Cela viendra, mais plus tard.
Vous voilà installé prêt pour méditer.

regardez attentivement l'image ou le symbole de Dieu que vous avez placé sut l'autel. établissez une relation de sympathie avec lui, créez un pont virtuel entre votre cœur et l'image. Prenez soin de bien regarder les détails et de vous en imprégner. Après quelques instants vous fermez les yeux et essayez de fixer votre attention, votre conscience, votre regard intérieur sur cette image. Votre pensée se fixe sur Dieu et sur lui seul. Vous laissez votre respiration prendre le rythme qu'elle souhaite, nous verrons plus tard des exercices respiratoires. Gardez le dos soutenu. Ouvrez vous devant vous, contactez le monde avec la face antérieure de votre thorax comme si vous disiez bonjour au monde avec votre cœur. Restez dans cette attitude physique et mentale et laissez vous faire. Se laisser faire signifie accepter tout ce qui vient sans le juger, sans l'étiqueter, sans comprendre, sans savoir. Autant de choses que le mental voudra vous faire faire immédiatement.
L'intention de méditation sera simple. En fixant votre attention sur Dieu vous calmerez le mental et l'agitation de la pensée. Progressivement vous aurez des sensations diverses et variées que vous voudrez identifier, comprendre. n'en faites rien. Il faut s'en remettre à Dieu pour qu'il transcende notre illusion et nous transforme progressivement.
Après cette méditation allongez vous quelques minutes et laissez votre corps se détendre et s'adapter aux nouvelles informations inconscientes apportées par la méditation.

Vous avez maintenant de quoi faire. Je vous souhaite de bonnes et heureuses pratiques.
Sachez qu'il n'y a pas deux médiations identiques. Commencez chaque méditation comme si c'était la première fois.

N'hésitez pas à poser des questions en utilisant les commentaires.

mardi 7 septembre 2010

Méditer c'est se tenir au milieu...

Méditer est un état, ce n'est pas une action. L'action prépare à la méditation. Pour parvenir à un état méditatif il faut créer les conditions pour y parvenir. Créer les conditions est un entraînement long et progressif qui, un jour, peut être permettra d'être en état de méditation. Il me semble important de faire le différence. Les deux phases sont bien différentes. Par exemple lorsque je récite mon mantra pour calmer mon mental et m'éveiller à Dieu, je ne médite pas, je me prépare pour parvenir à cet état méditatif. je distingue bien ces deux phases lorsque je m'adonne à la méditation. Il y a d'abord un temps pendant lequel je vais pratiquer une certaine quantité d'exercices et un temps où je suis en méditation. Nous reviendrons sur ces exercices et la façon de les pratiquer. Je ne pourrai vous livrer que ma propre expérience.

En état de méditation, je suis assis avec ma colonne vertébrale soutenue naturellement, je n'ai aucun effort à faire pour la maintenir car l'éveil de la force intérieure au cours des exercices préparatoires me permet de me tenir là, bien droit, sans rien faire. Ma pensée est au repos, je ne suis qu'un observant qui ne cherche rien. Je suis également le théâtre de la lutte qui s'opère entre mon mental égotique et mon Être. C'est en moi que s'opère cette bataille, dans mon corps physique, dans mes émotions et dans mon mental. Étant en état de méditation, je ne participe à rien, j'observe sans participer, sans donner mon avis et sans chercher quoique ce soit de particulier. Je suis positionné entre mon ego et l'Être, c'est à cet endroit que je peux ne rien faire. Dès que je glisse du côté de mon mental, je suis pris par lui et je suis obligé de faire un effort pour m'en dégager. Il ne cesse d'essayer de me reconquérir. Il me faut avoir une ferme intention dès que je suis repris par lui sans quoi il gagne la partie et j'ai beaucoup de mal à retourner dans cet état méditatif.

Méditer c'est être entre l'ego et l'Être. Il est impossible de plonger dans l'Être comme on le voudrait. On ne peut aller dans l'Être. C'est lui qui nous conquiert. La conscience qui est "je" est identifiée au mental, elle ne peut pas s'en débarrasser instantanément. On peut dire que le mental lui colle à la peau et qu'avec toutes ces mémoires on ne peut pas plonger dans la pureté absolue. Ce sera la pureté, la vérité qui viendra progressivement se substituer au mental. On ne peut que se placer au milieu avec la conscience. C'est intéressant d'observer ces phénomènes, de repérer les différentes phases, tranquillement sans s'énerver.

Au milieu c'est aussi entre ciel et terre, entre le haut et le bas, entre le dedans et le dehors, entre la nuit et la lumière.

Positionné à cet entre deux, je me laisse transformer par l'Être et j'accepte tout ce qui arrive. Je ne cherche rien de particulier, seul le désir de Dieu est présent sans aucune formalisation ni aucune pensée. Je Le laisse m'envahir.

dimanche 29 août 2010

Méditer c'est être au présent.

La méditation est pour moi le plus bel outil qui soit dans ma quête spirituelle. M'assoir, affirmer ma présence par une attitude ferme et verticale, fermer les yeux, fixer ma conscience sur Dieu et me laisser faire. Être là au présent et se laisser faire. C'est tellement simple et tellement compliqué à la fois. Pour que ce soit et que ça reste simple il ne faudrait pas avoir de mental. D'ailleurs plus le mental s'allège et plus c'est simple.

Je me souviens de mes débuts, de ma première méditation. Je me suis assis par terre comme j'ai pu, les jambes à moitié pliées et les genoux plus près du menton que du sol. Je n'arrivais même pas à me tenir droit. J'ai fermé mes yeux et peu de temps après j'ai eu l'immense chance et l'immense bonheur de ressentir une poussée qui m'aidait et m'invitait à me grandir. Je découvrais qu'il y avait quelque chose en moi qui ne dépendait pas de ma volonté et qui me donnait la force et la direction. J'étais habité par quelque chose. A postériori je mesure combien j'ai été aidé lors de cette méditation par la nature. Je vois tellement de gens qui essayent et ne ressentent rien, combien se perdent dans des techniques plus ou moins sophistiquées, combien sont aveuglés par des croyances illusoires. Ils finissent par abandonner ou s'enfoncent dans l'illusion.

Je ne pense pas qu'il soit possible de progresser efficacement dans la méditation sans être guidé. Le monde des sensations et des manifestations immatérielles est truffé de pièges de toute sorte, de miroir aux alouettes. notre mental est évidemment celui qui nous amènera à rechercher ce qui est bon pour lui mais pas pour notre progression spirituelle.

Méditer en présence de quelqu'un qui est déjà avancé sur le chemin est une aide précieuse. La présence de l'Être calme notre mental comme un anesthésiant et favorise notre perméabilité à l'Être qui est en nous.

Méditer en présence d'un véritable Gourou est une bénédiction.

J'ajoute dans ce blog une nouvelle catégorie intitulée "méditation" dans laquelle je vous parlerai, le pus régulièrement possible, de mon expérience et de la progression que j'ai vécu. Puisse cela vous être utile.

Bonne rentrée à tous.

Grenouille méditation

lundi 5 juillet 2010

Vivre au présent.

"Vivre au présent" est une phrase qui revient sans cesse dans la bouche de tous ceux qui parlent de Spiritualité. On s'en fait presque une obligation pour être un bon élève. On va même jusqu'à ne plus rien faire ni entreprendre ni rêver pour être au présent comme le disent les livres. C'est intéressant de voir comment le mental s'approprie les qualités qui seront celles d 'un sujet réalisé ou en passe de l'être pour être avant d'être. On confond bien souvent le résultat et le moyen. Vivre au présent est un résultat. Lorsque le mental se sera désagrégé, lorsque la conscience ne sera plus identifiée, qu'elle sera redevenue libre, alors il restera le présent. Ce présent sera celui de l'éternité dont on ne peut absolument pas imaginer ce que c'est avant d'y être. Peu y parviennent.
En attendant mon présent est bien autre chose. Ce que je vis au jour le jour est mon présent, bien éloigné du présent absolu. Pourtant c'est avec lui que je dois vivre même si j'espère autre chose. C'est avec ce présent que je chemine. Là encore il faut accepter son imperfection. La perfection de mon imperfection. C'est à partir de ce que je suis que je peux évoluer vers Dieu. C'est celui que je suis qui est guidé vers Dieu par Dieu. Il est donc stupide de jouer à être une autre car c'est faire le propre du mental de faire que je sois un autre que ce que je suis réellement. La première qualité de l'aspirant est l'acceptation de ce qu'il est, avec ses particularités. On peut même s'apercevoir que l'on est celui qui est toujours en train d'être ce qu'il n'est pas.
Ce présent relatif et individuel, parfaitement singulier est le reflet de notre mental. toutes nos peurs toutes nos aspirations et toutes nos croyances teintent notre présent. Inutile de vouloir s'en débarrasser par la force du mental, ce serait ajouter une couche de plus. Il suffit d'apercevoir et de s'en remettre à Dieu.
Apercevoir, maître mot du chercheur de Dieu. Et la question revient : que dois-je faire lorsque j'ai aperçu? La réponse est simple : fait ce que tu peux. Tu ne peux rien d'autre que ce que tu peux. Ce que tu feras sera encore conditionné par ton mental. Tout ce que nous faisons est conditionné par l'Être et par le mental. Tant que nous serons identifiés au mental il en sera ainsi.
Apercevoir, faire ce qui nous semble juste et nous en remettre au Divin pour le reste. Vouloir être ceci ou cela c'est toujours vouloir, peu importe le ceci ou le cela. Vouloir c'est avoir une idée de ce qui est juste, mais ce n'est qu'une idée. Dans l'éternel présent la volonté a disparu, c'est ainsi que l'on dit que l'être réalisé ne fait rien, sous entendu de sa propre volonté, il se confère à la volonté du présent qui n'est autre que nécessité pour le dharma (le chemin qui mène à Dieu).
Celui ou celle qui adopte cette attitude verra progressivement les changements survenir. Ils surviendront naturellement sans avoir besoin d'adopter un comportement particulier. Le changement se fera à l'insu de la conscience. Soudain on s'aperçoit que quelque chose a changé, les sentiments, les émotions, le corps changent. Je ne me change pas mais je me découvre différent. Patience et persévérance.

dimanche 2 mai 2010

Perspectives d’avenir.

Le cheminement m’amène aujourd’hui à une sensation très particulière quand je regarde devant moi, vers l’avenir. Cette sensation est tout d’abord apparue occasionnellement pour finir par s’établir continuellement. Il aura fallu plusieurs années pour qu’elle soit maintenant permanente.

L’avenir est une infinité de possibilités dont aucune ne retient plus particulièrement mon attention. Si je pense à essayer de définir l’avenir par anticipation, j’aperçois un immense espace à l’intérieur duquel je pourrais choisir de m’intéresser à l’une ou l’autre de toutes les possibilités qui se présentent. Cependant je ne vois aucune information qui me permette de choisir plus précisément une possibilité particulière. Tout est égal, tout est possible, mais il m’est impossible de choisir et de me diriger vers un avenir particulier. C’est une sensation très curieuse qui induit un comportement singulier. Je suis positionné au présent rien du passé ne me retient et rien d’un avenir ne me séduit. Mon avenir est donc totalement conditionné par le présent. Chaque pas me mène ou je dois aller sans savoir où je vais. Cette attitude non volontaire peut être très discutable.

Je pourrais dire que je ne sais pas ce que je veux. Je sais très bien ce à quoi j’aspire. J’aspire à l’absolu, à Dieu, à la beauté, à la paix, à la liberté, à l’amour inconditionnel, à la compassion. Je n’ai cependant aucune idée du chemin que j’emprunterai pour y accéder. Avant je voulais, je savais ce qu’il fallait faire et par où ou par quoi il fallait que je passe. J’aurais levé des armées, construit des temples. Je me serais fait moine, ermite. Ce n’est pas que je voulais être moine au présent mais que je voulais être moine pour aller vers mon objectif. C’est très différent. Je disais, également, que je ne ferais jamais ceci ou cela. La vie m’a montré que toutes ces croyances étaient inutiles et vaines. J’ai fait ce que jamais je n’aurais voulu faire et pire encore je n’ai jamais réussi à mener à bien mes projets ambitieux pour parvenir à devenir ce que je croyais indispensable de devenir pour aller à Dieu.



Mon chemin me ramène de plus en plus au présent. A un présent de plus en plus immédiat. Je ne fais aucun effort pour cela, je n’ai fait aucun effort pour être comme cela. Je ne savais absolument pas ce que ça pouvait être que de se rapprocher du présent. Je pensais comme beaucoup que c’était « être à ce que l’on fait », contraindre son mental, sa pensée à être au moment présent et se détourner de tous les projets d’avenir ou de tous les regards vers le passé. Ca c’est une attitude, ce n’est pas un état naturel, il faut faire un effort pour être comme cela. Ca peut être un exercice mais ce n’est pas un résultat. Être au présent ne nécessite aucun effort, aucune volonté. Le passé et l’avenir sont dans le présent. Plus on s’en approche plus c’est vide de tout et plein de rien de distinguable. L’avenir est vu comme un ensemble de possibilités dont aucune ne remporte ma préférence pour me mettre en route vers elle. Il y a bien des « j’aimerais bien », des « ce serait sympa », des « surtout pas » Mais aucun élan vers ou contre. Il n’y a plus de mouvement vers. Oui c’est ça, il n’y a plus de mouvement vers. Tout est là, dans l’instant. Ma place est là, ici maintenant. Toutes les circonstances et les contingences sont idéales dans l’instant pour me conduire là où je dois aller. Au début, quand j’ai commencé à vivre occasionnellement dans cet état, c’était plutôt angoissant. J’avais encore peur de l’avenir, j’avais peur qu’il ne soit pas bon c'est-à-dire qu’il ne soit pas conforme à mes croyances, à mes idéaux, à mes espoirs. La peur s’est estompée avec toutes mes croyances en l’avenir. Encore une fois je n’ai pas fait d’effort pour les gommer, les effacer, les masquer, les remplacer. C’est le développement de l’être qui a permis toutes ces transformations. La transmutation s’est opérée progressivement et s’opère encore pas à pas. Je m’approche du véritable présent. Là où il n’y a plus rien, plus de distances, plus de temps, tout et dans ça, « béatitude ».

Cet état n’est pas facile pour les personnes qui me fréquentent. Tout engagement n’est véritable que dans l’instant. Je ne sais jamais de quoi demain sera fait. Tout peut changer, je ne suis sûr de rien. C’est vraiment très inconfortable pour ceux qui veulent des certitudes sur l’avenir.

On me dit que je souhaite aller à Dieu et que c’est un objectif d’avenir comme un autre. En fait, non, ce n’est pas pareil car Dieu est au présent, il est là ici maintenant, il n’est pas à demain il est là. La réalité est là, il suffit que le regard change, qu’il se décroche du passé et de l’avenir.

Je mesure combien c’est dans le présent que l’avenir se construit. C’est là que chacun peut œuvrer pour orienter sa vie vers les illusions du mental ou vers la réalité de l’Être.


Grenouille allongée
"Elle est pas belle la vie?"

dimanche 11 avril 2010

Transmutation

Si au cours de l'année il y a des périodes particulières cela n'est pas contradictoire avec le fait que la transmutation s'opère pas à pas de façon constante. C'est point par point que l'être ré-informe toutes les parties de notre corporalité. J'entends par corporalité l'ensemble des éléments qui constituent notre personne humaine. Seul l'être est capable d'effectuer cette transmutation. On pourrait comparer en imaginant deux bases de données qui permettent de faire vivre le sujet; L'une est le mental, basé sur les acquisitions du passé, l'autre est l'être, basé sur la connaissance absolue, la nature. La première est une illusion la seconde la réalité. Dans l'évolution spirituelle, la connaissance se substitue progressivement au mental. L'ego qui est la conscience à laquelle sont attachés les attributs humains (ce qui le caractérise et lui offre des possibilités) se trouve sous la domination d'une base de donnée ou de l'autre. Actuellement nous sommes dans une phase de l'humanité où le mental est extrêmement prédominant ce qui conduit l'humanité vers une illusion de plus en plus importante qui est la source de toutes les souffrances. L'ego mentalisé veut être le maître et gouverner le monde et sa personne à sa guise. Le monde doit être conforme à ses souhaits, à ses exigences. Etant dans l'illusion, il lui est impossible d'imposer sa loi au-delà d'une limite fixée par les lois naturelles. Cette volonté égotique est extrêmement puissante. lors de la transmutation, l'ego prend quelque peu conscience de ce qui se passe et souhaite y participer. C'est un infernal petit bonhomme qui veut toujours tout faire, il est incapable de se laisser faire. Il faut qu'il participe, qu'il aide, il faut qu'il fasse quelque chose. Toute la difficulté est là car il doit se laisser faire totalement., Il n'a pas son mot à dire. Le seul qu'il puisse prononcer c'est "oui". Mais non, c'est vraiment très difficile. Combien de fois ai-je entendu cette fameuse phrase "je travaille sur moi", je n'ai presque pas entendu "je me livre à Lui".
lors des méditations, le sujet se place sur l'autel du sacrifice. Cela peut paraître prétentieux mais il n'en est rien, je m'en explique. Sacrifier signifie ici "rendre sacré". C'est l'être qui sacralise le sujet pas à pas. L'ego, le sujet décide de méditer. Il se place comme il se doit, il se présente, s'installe sur l'autel et se livre aux pouvoirs de l'être. A partir de là il lui suffit de rester là et de se laisser faire non sans être parfaitement en conscience, éveillé et totalement désireux et acceptant. La réalité prend le pas sur l'illusion, minutieusement. Comme un orfèvre l'être détruit et reconstruit le temple dans un même instant, pierre par pierre, dans tous les plans de la corporalité. C'est cela la transmutation, c'est la victoire de la nature sur l'illusion. Il n'en demeure pas moins que l'ego mentalisé voudra toujours se mêler de ce qui ne le regarde pas. La conscience éclairée par l'être saura reconnaître ses interventions. La discrimination permettra de distinguer ce qui est de la nature et ce qui est du mental. A ce moment seulement le poids de la conscience fera pencher la balance en faveur de l'un où de l'autre. Le poids d'une plume suffit à faire pencher la balance d'un côté ou de l'autre. On ne peut pas imaginer le pouvoir de la conscience. La conscience est présence. Elle ne peut se défaire de ses attributs sans quitter l'incarnation humaine, elle y est toujours liée. Elle est donc liée également à l'illusion qui colore ses attributs. N'est pas saint qui veut. Seule la transmutation sanctifiera le sujet, pas la volonté. On pourra avoir la volonté d'être transfiguré par l'être en sachant que c'est lui seul, l'être, qui sera l'opérateur de la transmutation.
Cela me rappelle un séjour que j'avais effectué auprès de mon Maître, Amma. A peine arrivé, il m'a été totalement impossible de faire quoi que ce soit de ma propre volonté. Tout ce que je voulais faire s'avérait impossible. C'est comme cela que pendant 18 jours j'ai été conduit pas à pas dans une transmutation radicale. Le chemin était étroit et parfaitement balisé sans qu'à aucun moment je ne reçoive des informations verbales par mon Maître. Lorsque je suis arrivé Elle m'a donné son Darshan, Elle ne m'a pas regardé dans les yeux mais Elle a regardé au dessus de ma tête en disant "Oh Oh". Elle ne m'a plus du tout regardé au cours du séjour, j'ai pourtant développé toutes sortes de stratégies pour y parvenir mais ce fut impossible. Le dernier jour, juste avant de repartir Elle m'a pris dans ses bras pour un Darshan improvisé, elle a regardé au dessus de ma tête et a dit "Oh Oh" avec un immense sourire mais Elle n'a pas croisé mon regard. Ce qui devait être fait avait été fait. Elle m'a bien fait comprendre qu'elle n'était absolument pas intéressée par ce que j'étais, par qui j'étais; Elle n'était intéressée que par mon être.
Toutes proportions gardées, c'est se qui se passe en thérapie initiatique. La conscience traverse les couches créées par le mental pour s'approcher de l'être et permettre la transmutation par le surgissement de l'être. Je constate tous les jours combien il est difficile de se laisser faire. L'ego mentalisé a peur et il croit tout savoir. Alors, se laisser faire, est une affaire bien difficile. Chacun met sa limite et pourtant il est bien souvent indispensable de franchir cette limite. Ce sera une négociation parfois bien longue avant d'obtenir l'acceptation et le laisser faire. Il en est ainsi, c'est la vie humaine.

dimanche 21 mars 2010

Printemps

Pour rassurer les fidèles lectrices et lecteurs, le blog n'est pas en panne, mais je n'ai que peu de temps pour écrire en ce moment.
La période du printemps qui est également liée à Pâques, est depuis bon nombre d'années un moment particulier dans ma vie intérieure. La vie intérieure et extérieure sont complètement liées. Il m'est tout à fait impossible de les dissocier.
Moment important qui m'amène à beaucoup plus de regard vers mon intériorité. C'est le temps où, tout ce qui a été touché lors de la plongée de l'automne, dans le fond de la nuit, arrive à maturité et s'épanouit dans un déploiement de plus en plus merveilleux. Autant dire que je suis très captivé. Ce serait comme un jardinier qui, après avoir patiemment cultivé une fleur rare et précieuse, dont le parfum promet d'être enchanteur, attend avec ferveur le moment où elle va enfin s'ouvrir. Ce moment est maintenant. Chaque année une nouvelle fleur éclot.
Durant tout le printemps et l'été, toutes les informations et toutes les énergies nouvellement disponibles pourront être largement utilisées. Je suis toujours émerveillé de constater combien le corps est lié à l'évolution spirituelle. La reprogrammation de l'incarnation par les énergies naturelles réalise la transmutation de la matière de l'émotion et du mental. Les trois modes sont transmutés simultanément. Une véritable évolution ne peut pas être sans cette transmutation dans les trois modes. Je constate quotidiennement cet état de fait dans mon corps et dans celui de mes patients.



chenille papillon

Combien de temps faudra t-il pour que l'homme arrive à maturité ?

samedi 20 février 2010

Le consumérisme spirituel.

Le consumérisme est comme toutes les choses en "isme" une exagération et dans ce cas une exagération de la consommation. Nous devons consommer pour vivre et survivre. C'est indéniable. Ce qui pousse à l'exagération est le manque qui ne diminue pas, ou seulement passagèrement, avec la consommation. Cette sensation de manque cherche une compensation permanente par tous les moyens possibles imaginables par le sujet.

Le manque vient du fait que l'homme n'est pas fini. Lorsque l'homme sera fini, réalisé totalement, il baignera dans ce que certains appellent le paradis. L'ancien testament nous dit que l'homme et la femme vivaient dans le paradis et qu'ils ont péché. En conséquence ils ont été chassés et ont du subvenir à leur besoin par leurs propres moyens. C'est une vision que je ne partage pas pour de multiples raisons que je ne peux détailler ici. Je préfère penser que l'homme n'est pas fini, qu'il est sur la voie de sa réalisation totale. En quoi n'est il pas fini? Il lui manque la plénitude de Dieu. Quand l'homme est parvenu à sa réalisation, il baigne dans la connaissance qui lui procure une totale sécurité et une plénitude absolue. Dans ce cas il n'a absolument pas besoin de consommer outre mesure les fruits de ce monde. Hélas nous n'en sommes pas là.

Nous baignons de plus en plus dans l'ignorance car nous sommes de plus en plus vides de Dieu. Pourtant tout est là au dedans de chacun. Le manque de Dieu ou d'Être, induit chez le sujet une insatisfaction considérable, une peur immense et une ignorance abyssale. De nos jours les hommes ne se tournent pas vers Dieu pour combler ce manque mais vers l'extérieur. Ils se tournent vers le conjoint, vers la famille ou la société et ce qu'elle produit. L'homme a besoin de se rassurer, de se satisfaire, et de savoir pour y parvenir. Tout cela il le puise dans le monde extérieur à lui.

Aujourd'hui on peut commencer à s'apercevoir que le consumérisme tourné vers les biens matériels plafonne et donne même quelques signes de régression. Ce qui alerte évidemment les responsables chargés de faire brouter les moutons là ou cela leur rapporte. Il faut booster la consommation, augmenter la croissance pour que les riches soient encore plus riches pour combler leur manque d'Être et leur donner l'illusion d'être quelque chose ou quelqu'un.

Certains parlent de nouvel art de vivre en se tournant vers la spiritualité et prétendent diminuer le consumérisme en intégrant dans leur vie une dimension spirituelle. D'un point de vue théorique c'est tout à fait valide. Mais d'un point de vue objectif, ce n'est pas la même chose. Le phénomène me paraît assez simple. Les personnes déçues par la consommation de biens matériels se tournent vers l'immatériel. Ils assimilent le plus souvent la spiritualité à l'énergie, au savoir ésotérique, et aux pratiques qui en découlent, en fait tout ce qui est immatériel. Cet engouement attire son lot de marchands plus ou moins sérieux, plus ou moins scrupuleux. Précédemment les religions étaient une sorte de garde fou qui empêchait les gens de se tourner vers un peu n'importe quoi. Elles ont tellement perdu de leurs crédits que maintenant la plupart se tournent vers des propositions dites spirituelles qui ne sont pas en lien avec la tradition. Cette tendance ne fait qu'éloigner encore plus le sujet de lui-même. Au lieu d'aller chercher des plaisirs dans le supermarché du coin, il va chercher sa satisfactions dans les fruits que le ciel doit lui apporter. On s'éloigne de plus en plus de son centre, de plus en plus de soi donc de Dieu.
Ce n'est pas la quête qui change mais l'objet. En fait le quêteur est le même, il change juste d'objet. On passe de la fraise à la vanille. Le sujet veut obtenir satisfaction sans avoir changé lui-même. Il est impossible d'être totalement satisfait par une quête spirituelle authentique. Le manque sera toujours là jusqu'au jour de la réalisation totale. Le manque est une souffrance et personne ne veut accepter de souffrir, de vivre avec ce manque, avec cette absence qui est motrice. Celui ou celle qui est totalement comblé par sa démarche spirituelle ne peut l'être que passagèrement. Le manque revient après un moment de satisfaction. Ces moments étant comme des carottes qui nous aident à continuer sur la voie. C'est d'ailleurs pour cela qu'il ne faut pas s'y attacher. On peut être comblé, c'est mon cas, et malgré cela vivre avec le manque de Dieu. Je suis comblé mais tu me manques, quel paradoxe. Ce qui signifie, je suis porté par la foi mais Tu me manques.

Le consumérisme se caractérise par le fait que le sujet attend une satisfaction en provenance de l'extérieur. La spiritualité propose d'aller vers l'intérieur et de puiser à la source qui est au cœur de chacun. Pour cela il faut se mettre ne route dans la bonne direction et ne pas attendre de satisfactions importantes immédiates. Il faut accepter de perdre les satisfactions venues de l'extérieur pour pouvoir goûter aux joies de l'intériorité. Le changement est considérable. On ne peut pas boire à deux sources en même temps. L'une doit baisser pour que l'autre grandisse. Je constate très fréquemment que le besoin de satisfaction est tel qu'il doit se concrétiser immédiatement ou presque. La réalisation totale en trois jours. Les promesses sont absolument époustouflantes. Tout tout de suite, sans effort ni souffrances. Il faut bien cela pour attirer le consommateur. Ce sont ces propositions qui font recette. C'est bien la preuve que le consumérisme a encore de beaux jours devant lui.

Pourtant des personnes se tournent vers le cœur, elles ne sont pas légions mais elles se multiplieront.


jeudi 11 février 2010

Changer ses croyances.

Le changement de croyances ne signifie absolument pas qu'une personne ait changé. Un homme qui croyait fermement à l'individualisme et qui est devenu humaniste collectiviste ne veut pas dire qu'il soit passé de l'égocentrisme à la charité spirituelle. Son besoin profond a peut être simplement trouvé une plus grande satisfaction dans une nouvelle croyance plutôt que dans la précédente. C'est exactement comme l'athée qui deviendrait religieux.

En réalité ce ne sont pas les croyances qui importent mais ce qui les motive. Une véritable démarche spirituelle ou thérapeutique devrait donc s'intéresser aux tendances profondes qui motivent les croyances plutôt qu'aux croyances elles mêmes.

Ce sont les tendances profondes appelées vasanas dans l'hindouisme qui conditionnent le sujet à croire en quelque chose. Si ce quelque chose satisfait ses tendances il le conserve mais s'il ne les satisfait pas ou trouve quelque chose de plus satisfaisant il en changera sans problèmes. Il est donc complètement inutile de chercher à changer les croyances de qui que ce soit sauf, bien sûr, si celles ci deviennent dangereuses pour lui. Il est beaucoup plus intéressant de chercher à changer les vasanas mais c'est beaucoup plus difficile. D'autant plus difficile que ce réel changement ne peut pas être fait par soi-même mais uniquement par la croissance de l'Être. En règle générale, nous avons toujours tendance à changer ce qui est extérieur plutôt que ce qui est intérieur, c'est tellement plus facile.

Il est relativement aisé de comprendre ce que sont les vasanas primaires ou tendances égotiques primaires. L'absence ou l'insuffisance de présence de l'Être chez une personne engendre immédiatement trois conséquences fondamentales. Ce sont l'ignorance, la peur et l'insatisfaction. L'Être apporte la connaissance, la satisfaction totale et par conséquent l'innocence, l'insouciance et la confiance totale. L'ignorance, la peur et l'insatisfaction sont comblées par des acquisitions puisées dans l'extérieur. L'ignorance est comblée par le savoir, l'insatisfaction par une quête permanente de plaisir et de bonheur tirés d'une source extérieure, la peur par des garanties extérieures. Tous ces substituts constituent nos croyances fondamentales. Vous voyez bien que changer de croyance ne change en rien nos vasanas.

Seule une évolution spirituelle vraie peut changer profondément l'intensité des vasanas primaires. Tous les autres moyens sont des palliatifs qui ne sont que des adaptations de croyances pour vivre mieux ou moins mal.

En thérapie initiatique, je ne m'attache pas à changer les croyances des patients sauf si elles sont dangereuses pour lui à plus ou moins long terme. Bien des fois il sera obligatoire d'attendre que la personne commence à sentir les effets négatifs liés à sa croyance pour consentir à envisager de la remettre en question. Cela devient très gênant lorsque la croyance est satisfaisante pour l'égo mais nuisible à l'évolution de l'Être. Le patient ne sera pas prêt à consentir d'envisager un changement de sa croyance puisqu'elle lui fait du bien. Ce serait comme dire à quelqu'un d'arrêter de prendre une tisane de plante qui lui calme ses nausées mais qui insidieusement et silencieusement lui détruit l'intestin. Tant que vous ne lui apporterez pas la preuve irréfutable que son intestin est en train de se détérioré ou tant qu'il n'aura pas un problème intestinal évident vous ne pourrez pas lui faire abandonner sa tisane. Je vous laisse le soin de remplacer la tisane par d'autres croyances et l'intestin par ce que vous voudrez car je ne souhaite pas mettre en doute vos croyances. Il ne faut jamais scandaliser ou blesser l'égo. C'est pour cela qu'avec un patient il faudra être très patient et attendre que la preuve de la nuisance lui apparaisse plutôt que de lui mettre devant son nez. En thérapie initiatique, la croissance de l'Être est ralentie par les croyances mais elle n'est pas arrêtée. La croissance de l'Être mettra en évidence la nuisance ou l'inutilité de la croyance et le patient en changera ou l'abandonnera alors sans problèmes.



mardi 26 janvier 2010

Croyance et thérapie initiatique.

Une question intéressante m'a été posée récemment : Faut-il croire en quelque chose de particulier pour bénéficier de la thérapie initiatique ? Faut-il avoir une orientation vers la spiritualité ou un engagement ? Faut il croire à tout ce que vous racontez dans votre site à propos de Dieu?
La réponse est simple : aucune croyance n'est nécessaire.
Il suffit d'avoir un minimum de confiance envers le praticien et une envie de guérir ou d'aller mieux. Cela est largement suffisant.

La thérapie initiatique que je pratique nécessite de calmer l'état de réactivité dans lequel se trouve le sujet pour parvenir à franchir la barrière créée par le mental. Se faisant il est possible de permettre à l'être de ré-informer les éléments de la corporalité qui étaient sous la dépendance du mental. Il faut donc que l'état de peur et de réactivité se calme. Or les croyances sont d'ordre intellectuel et orientent le sujet dans une direction particulière. Par exemple si vous croyez et pensez que votre ange gardien va venir du ciel pour vous apporter la guérison, vous allez vous tourner vers le ciel et attendre que cela arrive. Cet état de tension cognitif mobilisera le sujet dans une direction particulière qu'il faudra faire cesser pour pouvoir obtenir une action favorable de la thérapie. Donc on perd son temps. Ce sera pareil si vous croyez que vous ne pouvez pas guérir ou aller mieux. Même chose encore si vous croyez que c'est en respirant comme vous l'avez consciencieusement appris que vous aller faciliter le travail, toujours pareil si vous croyez qu'en vous plaçant dans un état de conscience particulier vous aller aider le praticien. J'ai eu l'occasion de rencontrer toutes ces formes de croyances et à chaque fois il faut attendre que le guignol se calme pour pouvoir commencer. C'est pire qu'un guignol bien souvent.
Vous me direz que les bonnes croyances sont utiles. La seule bonne croyance que je reconnaisse pour ma thérapie initiatique c'est la bonne volonté. Mais là encore ce n'est pas de la croyance, c'est un état naturel. Chacun est doué de bonne volonté. Si ce foutu mental truffé de croyances, de peurs et de prétentions, diminue son emprise, cette bonne volonté apparaît d'elle même.
J'en reviens donc à une seule chose, le désir sincère de guérir, reconnaître un peu que l'on ne peut pas faire seul et s'abandonner le mieux possible entre les mains du praticien sont les conditions largement suffisantes pour bénéficier de la thérapie initiatique que je pratique.



Vous pouvez constater combien je fais de différence entre la foi et les croyances.


dimanche 3 janvier 2010

Meilleurs voeux 2010

C'est avec grand plaisir que je souhaite à toutes les lectrices et tous les lecteurs de ce blog une merveilleuse année 2010.
Cette nouvelle année me semble placée sous le signe de la solidarité. Il me paraît de plus en plus nécessaire de développer une entraide car le système sur lequel nous nous appuyons nous a donné de grands signes de faiblesse en 2009 et il n'y a aucune raison pour que cette faillite ne se poursuive pas. Il sera donc indispensable de pallier aux carences qui ne vont pas tarder à devenir encore plus criantes. Entraide matérielle évidemment mais aussi et surtout entraide morale et psychologique. Les périodes de transition sont très difficiles à vivre pour les personnes qui ne sont pas habituées au changement. Les socles sont fragiles, ils se fissurent et s'écroulent. Il faut pourtant mettre en place le nouveau qui je l'espère ne sera pas une copie de l'ancien. C'est pourtant ce qui s'est passé dans toutes nos révolutions. Les destructeurs sont devenus les bâtisseurs, ils étaient de même nature et n'ont rien reconstruit de nouveau. Il est préférable que ce soit le nouveau qui par sa naissance et sa croissance disloque progressivement l'ancien et le renouvelle par le souffle du devenir.
Le changement commence par soi-même. Alors bonne année 2010.

De tout cœur.


chemin forestier

vendredi 25 décembre 2009

Conte de Noël.

Martha est venue m'apporter un cadeau de Noël. Un magnifique tableau où je devine une femme resplendissante d'Amour entourée de couleurs douces et charmantes. Le charme s'opère immédiatement et mon cœur en est profondément réjoui. Ce tableau c'est Martha qui l'a peint. Ce n'est pas banal quand je repense à l'état dans lequel elle était il n'y a que deux ans à peine.
Très jeune elle s'était tournée spontanément vers la peinture et ses professeurs reconnaissaient en elle un véritable talent. Hélas à 14 ans ses bras se sont paralysés rendant toute pratique manuelle impossible. Ils étaient lourds, Martha avait l'impression de devoir faire des efforts inouïs pour lever sa main, elle était tout juste capable d'assurer par elle même ses besoins quotidiens élémentaires.
Les différents médecins ont diagnostiqué toutes sortes de maladies telles que la myopathie, la myasthénie, la sclérose en plaque et bien d'autres encore. Aucun traitement ne parvenait à la rendre plus active. Son désir de s'en sortir commençait à s'épuiser vers l'âge de 25 ans.
A cette période, c'est avec l'assistance d'une psychothérapeute et d'un chamane qu'elle parvient à récupérer un peu de force et peut de nouveau subvenir seule à ses besoins. Dès qu'elle essaye de se consacrer à autre chose qu'à des tâches de survie, la paralysie reprend le dessus. Elle est incapable de créativité. Chaque fois qu'elle tente de prendre un pinceau c'est encore pire, elle se trouve projetée dans une sorte de glue qui la paralyse totalement.
Elle a 38 ans quand elle vient me voir sur les conseils d'une amie. Évidemment elle n'y croit pas, elle a déjà tout essayé. Pourtant elle ressent lors de la séance une chaleur dans son cœur et quelques larmes coulent spontanément de ses yeux qui jusque là n'avaient jamais pu pleurer. Elle décide de poursuivre.
Progressivement la motricité revient, elle sent qu'elle peut à nouveau créer. Elle se remet à la peinture. Elle peut peindre, elle peut manier ses pinceaux mais ce qui se projette sur la toile n'est pas joli. Elle ne peut peindre que des choses sombres et violentes. La violence se manifeste dans tous les secteurs de sa vie. Elle quitte son compagnon ou plutôt elle le jette. Elle tente à plusieurs reprise de briser le lien thérapeutique avec toutes sortes de prétextes et toutes sortes de violences. Pourtant quelque chose tient, un lien qu'elle ne peut briser. Elle me dira plus tard qu'elle pressentait vaguement que si elle brisait ce lien elle se condamnait à la mort ou à la souffrance.
Nous sommes donc entrés au cœur de cet source de violence, de révolte, de rage et de haine pour y libérer le cristal de vie qui s'y trouvait emprisonné. Ce ne fut pas sans douleurs, sans doutes, sans peines. Martha a accepté ce parcours car en elle la foi était là. Pas la foi en son thérapeute mais une force intérieure la poussait a poursuivre au delà de sa raison et lui donnait confiance.
Martha vient d'avoir 40 ans, l'Amour s'exprime pour la première fois dans sa créativité, elle peut maintenant pleurer de bonheur, de joie. La vie se poursuit avec l'Amour pour compagnon de route. Le chemin n'est pas fini, une autre étape commence.

Ne vous identifiez pas à Martha, elle est unique comme chacun d'entre nous. Certaines, certains y trouveront des similitudes avec leur propre vie. Une seule chose me semble valable pour tous. Seul l'Amour contenu au cœur même de la pierre est capable de véritablement nous guérir. Nous guérir de quoi? : de nous même.

Dès sa plus tendre enfance Martha a été élevée dans une famille où elle n'était pas considérée. Elle avait à boire et à manger, pour le reste elle devait se nourrir de l'air du temps. elle a manifesté très tôt une vive intelligence qui lui a rendu les études plutôt faciles mais là encore elle devait suivre la dictature familiale et se consacrer totalement à ses devoirs et à des lectures choisies interminables. Sa seule liberté était la rêverie qui lui était également reprochée car il faut travailler plutôt que de rêver. Elle avait le goût de la peinture mais malgré les encouragements de ses professeurs, sa famille lui a imposé le violon et interdit les pinceaux. 2 ans plus tard elle est paralysée. N'ayant pas été touchée et encouragée dans son essence par l'amour, son ego s'est développé seul et a pris le dessus. Étant très intelligente, elle a tissé une toile immensément dense de ressentiments envers sa famille et le monde. Cette carapace l'a totalement emprisonnée au point de la conduire a l'immobilité, au point de la rendre totalement inconsciente de ce qui s'était réellement passé. Ses forces essentielles ont du même coup été inhibées. Elle s'est emprisonnée elle même par la puissance de son mental égotique. Par vengeance et par orgueil, elle préférait être paralysée, risquer de mourir, plutôt que de se conformer à la dictature familiale. Une autre personne aurait très bien pu mener une double vie, par exemple.
On pourrait penser que sa famille fût mauvaise et que si elle était arrivée au monde dans une autre famille ça se serait mieux passé pour elle. Elle n'aurait probablement pas été malade. La véritable cause de la maladie n'est pas la famille. La véritable cause, ce sont les tendances égotiques héritées des vies antérieures. Ce sont elles qui ont emprisonné Martha. Une autre personne aurait très bien vécu dans les mêmes circonstances. La vie a proposé à Martha de guérir ses tendances égotiques. Ce n'est pas chose facile. Il faut parfois beaucoup de souffrances et de contrariétés pour parvenir a bloquer le pouvoir de l'ego et l'obliger a céder du terrain. C'est également ce que la vie propose a chacun d'entre nous avec plus ou moins d'évidence.
La thérapie pratiquée par la psychothérapeute et le chaman, lorsque Martha avait 25 ans, a permis de re-dynamiser les forces égotiques résiduelles. Ces thérapies n'ont pas permis de libérer l'égo des forces du mental. C'est pourtant grâce a cette thérapie que Martha a pu poursuivre son chemin.
Quand je la rencontre, elle n'a plus d'espoir. Elle vient parce qu'une amie a lourdement insisté. Elle ne croit plus à rien. Elle est en état de survie, sans espoir, sans joies, seule ou presque. Pourtant, dès le départ, elle est touchée là ou jamais elle n'avait été touchée auparavant, droit dans son cœur. Ce n'est pas moi qui décide que les choses se passent de telle ou telle façon, c'est la vie. Arrive ce qui doit arriver. Martha est touchée et elle pleure. Ses yeux étaient restés secs depuis sa plus tendre enfance. Il y a donc un réel espoir de progression favorable, mais en aucun cas on ne peut présager de l'avenir. Il nous faut reconquérir les territoires annexés par le mental chargé de ressentiments. Plus nous progressons plus le mental se manifeste, chaque tendance passe par la manifestation consciente avant d'être dissoute, transmutée. Martha passe de la haine à la jalousie, à la violence envers elle et les autres, elle veut tout casser, elle veut tout détruire. Elle ne détruira que ses forces égotiques. Au passage elle jette son compagnon sans aucun ménagement. il faut dire qu'il l'avait placée dans une situation de soumission perverse. Même les malheureux profitent l'un de l'autre pour assouvir leurs tendances. Il faut passer au travers de la carapace mentale pour créer un pont entre l'être et la conscience. Il nous faut relier la conscience aux informations de l'être. Seul l'être est suffisamment pur pour passer au travers du mental sans risquer de déclencher une recrudescence des forces égotiques.
A présent, Martha a retrouvé suffisamment de forces pour poursuivre son chemin vers l'être et manifester une personnalité plus essentielle que mentale. Elle a conscience que le chemin n'est pas fini mais que de merveilleuses possibilités s'offrent à elle.
C'est avec un grand bonheur que nous poursuivons le chemin.

Joyeux Noël.

Joyeux Noël à toutes et à tous.

Vous avez peut être reçu des cadeaux de la part de vos amis ou des personnes de votre famille. Le cadeau le plus important vous ne l'avez pas encore ouvert. Il va s'ouvrir progressivement jusqu'à la période de Pâques. C'est cette naissance et renaissance de l'Être qui se joue à la période de Noël. Durant l'automne vous avez peut être œuvré pour vous approcher de votre enfant intérieur. Tous vos efforts sont alors récompensés par ce cadeau de Noël. Une période où l'on creuse dans les ténèbres et une période où le diamant rencontré au fond de la mine se met à jour.
C'est un cycle que je ressens fortement tout au long de l'année dans mes méditations quotidiennes. Nous ne sommes pas séparés de la nature. Nous sommes la nature. Le dehors et le dedans sont identiques.
Joyeux Noël, en route vers la lumière et l'Amour.

jeudi 17 décembre 2009

Acte de foi.

Perdre l'un et l'autre pour un Autre qui n'est rien.
Je ne sais rien de Toi.
Je sais seulement que tu me transfigures inlassablement.

Je suis en pleine confiance et pourtant ignorant.

Tu me tortures, me brises, me cajoles, m'emplis de joie, de paix et de douceur.
Mais tout ceci ce n'est pas Toi.

Qui es Tu?

Je ne sais rien de Toi.

Je T'attends avec impatience.
Je Te prie avec ferveur.

Je ne T'espère plus car je sais que Tu viens.

C'est devenir par Toi qui remplit ma vie de contentement, sans fierté ni orgueil.
Tu m'as enseigné la patience et la persévérance, insufflé la confiance.
C'est sur le chemin du devenir que Tu m'as placé.

Sans Toi je ne suis rien.
Avec Toi je ne suis rien.
Par Toi je vais à Toi.
Pour enfin devenir Toi.

Dieu pensant.

Comment peut on imaginer que Dieu puisse voir, penser, réfléchir et ensuite agir?
Si telle était le cas ce serait monstrueux.

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